Comment réussir les grands programmes industriels français ?
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De Barracuda à l’EPR2 : l’effet de série pour sauver les grands programmes industriels français ?

Tribune publiée dans Les Echos le 2 février 2026, par Matthieu Maudelonde, Partner Avencore

Le retour des grands programmes industriels français

Un air de revanche flotte alors que les grands programmes industriels français reprennent forme. Début 2026, Naval Group annonce avoir gagné un an sur la livraison du dernier sous-marin nucléaire d’attaque Barracuda : une performance assez rare pour être soulignée. Dans la défense, les projets s’enchaînent (le futur porte-avions PA-NG, le sous-marin lanceur d’engins de 3ème génération S3G, le système de combat aérien SCAF, etc.). Dans l’énergie, le nucléaire revient au centre du jeu. Ces signaux montrent que la France sait encore concevoir et fabriquer des objets industriels complexes.

Parmi les projets d’actualité, deux sont particulièrement symboliques : le sous-marin Barracuda et le programme nucléaire EPR2. Des filières en apparence éloignées mais qui doivent toutes deux tenir la distance au long cours (23 ans entre la commande des Barracuda en 2006 et la livraison du dernier bâtiment en 2029 ; environ 16 ans entre le lancement politique d’EPR2 en 2022 et une mise en service prévue autour de 2038). Deux programmes d’une complexité technique et réglementaire considérable, mobilisant des milliers d’ingénieurs et de fournisseurs sur plusieurs décennies, avec des échelles financières comparables. Dans les deux cas, la réussite tient moins à la prouesse technique qu’à la capacité à délivrer dans la durée.

Livrer plus vite et mieux : le retour d’expérience comme avantage compétitif

Le programme Barracuda en est la preuve. Les premiers sous-marins ont connu les tâtonnements habituels des projets pionniers (le Suffren a été livré avec environ 3 ans de retard) ; les suivants sont sortis plus vite, mieux finis, avec moins de surprises. Le dernier a été livré en avance. Parce que les équipes ont su capitaliser sur le retour d’expérience, stabiliser leurs méthodes, sécuriser les chaînes d’approvisionnement et transmettre les savoirs.

L’EPR2 a été pensé dans cette logique : plus simple à construire et plus standardisé que l’EPR initial. Cela marque une rupture avec le prototype isolé de Flamanville, dont les retards et surcoûts ont montré les limites d’un modèle sans continuité industrielle. Cette fois, il s’agit d’une véritable série : au moins trois paires de réacteurs conçus selon une architecture stable, donnant à la filière nucléaire une visibilité essentielle. Ce cadre transforme un défi monumental en projet crédible.

Standardisation et apprentissage collectif au service de la performance industrielle

La France ne peut plus se permettre le cycle du « projet unique », suivi d’une décennie de creux industriel. Le vrai défi du nucléaire n’est plus vraiment technique, il est industriel. Les difficultés passées tenaient moins au système produit qu’à l’absence d’industrialisation des processus sur longue durée : une filière qui s’arrête, des compétences qui s’évaporent, des chaînes d’approvisionnement qui se délitent dès qu’un programme se termine. Reprendre la main sur la série et sur le temps long, c’est recréer les conditions de l’apprentissage collectif.

La performance industrielle ne se décrète pas à coups d’indicateurs trimestriels ou de slogans, elle se construit patiemment. Standardisation, retour d’expérience et stabilité des exigences sont les fondations de la performance : Barracuda l’a démontré, EPR2 le met en œuvre aujourd’hui. Des programmes comme le S3G ou les futurs SMR s’en inspireront naturellement.

Compétitivité industrielle : la victoire se joue sur le temps long

Redonner de la valeur au temps long est vital dans un contexte géopolitique incertain, où les transformations s’accélèrent. Les dirigeants doivent apprendre à vivre avec une instabilité structurelle tout en gardant une vision durable. Ceux qui y parviennent, souvent dans la discrétion, méritent d’être salués.

Car la compétitivité industrielle se construit moins par l’innovation ponctuelle que par la répétition maîtrisée. La réussite des grands programmes n’est pas qu’une question de méthode mais aussi de culture : maintenir le même niveau d’exigence dans le temps, transmettre les savoirs, garder les partenaires engagés. C’est ainsi que nous pourrons faire face à la montée en puissance des géants chinois, dans l’aéronautique comme dans le nucléaire.

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